Le Manoir

 

Ungrom

Posté le: 21 Mar 2004 23:42

[Note : je fais ceci pendant que le drow fouille le reste de la maison, comme le signalaient mes intentions initiales]

Faisant comme il l'avait annoncé, le nain disparut de la maison tandis que le drow fouillait la maison. Il se dirigea nonchalamment vers le manoir, tout en marmonnant à faible voix dans sa barbe :

"Bien, cet idiot ne me suit pas. Qu'il continue à fouiner cette maison de gueux si cela lui plaît. Il faut vraiment être mesquin pour aller lui dérober ce qui lui reste."

Ungrom contempla avec un large sourire l'armure en écailles de dragon qu'il avait jeté nonchalamment sur son épaule, sans l'enfiler...

"Déjà qu'il vient de perdre probablement son bien le plus précieux, voici maintenant qu'un drow est en train de lui prendre son gagne-pain, arc et flèches..."

Il arriva devant le manoir, se mit hors de vue de la ruelle et toqua à la porte de derrière, à l'abri des regards indiscrets, espérant qu'un domestique vienne lui ouvrir...

Maître du Donjon

Posté le: 24 Mar 2004 23:41

Un jardin fleuri orné d'une fontaine s'étendait devant le manoir. Seul le chant des grillons venait troubler le silence paisible du lieu. A l'arrière du bâtiment, une odeur alléchante s'échappait d'une étroite fenêtre protégée par des barreaux de fer. Un mélange de légumes épicés et de volaille bouillie. Une plante grimpante courait sur tout le mur, passant au-dessus de la fenêtre et d'une porte étroite peinte en blanc, à gauche.

Quelques instants après que le nain eût frappé, un grognement se fit entendre ainsi qu'un bruit de pas lourds. La porte s'ouvrit sur un homme au ventre proéminent, à demi chauve et vêtu d'un tablier qui eût été blanc s'il n'avait pas été couvert de taches.

"Qu'est-ce 'vous voulez ?" fit-il en grognant, les sourcils froncés. Derrière lui, une voix de gros chien retentit.

Ungrom

Posté le: 25 Mar 2004 4:59

"Quel sens de l'hospitalité par chez vous... Un conseil, tiens donc bien ton chien, car s'il s'approche de moi, je n'hésiterai pas à l'étrangler. Je hais les chiens."

Le nain rendit au type son froncement de sourcils :

"Dis-moi donc mon brave, je souhaite parler au maître de ces lieux. Je suis à la recherche d'un magicien... Un villageois m'a fait comprendre que c'était à lui qu'il fallait m'adresser."

Maître du Donjon

Posté le: 26 Mar 2004 1:00

Le visage de l'homme s'empourpra.
- Si vous fait' du mal à mon chien, la garde s'occup'ra d'vous, crénom !
Puis, le visage fendu d'un sourire édenté :
- Frappez à la bonn' porte si vous voulez voir mon maître ! J'ai une soupe sur le feu moi !
Le gros homme fit mine de fermer la porte, visiblement impatient de reprendre son activité. Un chien noir de grande taille hasarda une truffe humide au-dehors, avant de se faire remballer par son maître d'un "couché, Fargon !" impérieux.

Maître du Donjon

Posté le: 01 Avr 2004 14:59

Sous les yeux du cuisinier grincheux, le nain s'immobilisa et commença à devenir légèrement translucide. L'homme fronça les sourcils, secoua la tête et se mit à marmonner.
- Voilà qu'je vois des fantômes maint'nant... J'ferais mieux d'faire mon boulot avant qu'ce soit trop tard !
Puis il ferma la porte en frissonnant.

Ungrom

02 Avr 2004 18:57  

A sa grande surprise, le nain se vit redevenir complètement matériel. La porte que venait de fermer l'homme juste devant lui ne l'intéressait guère plus...

"Très étrange endroit, j'aimerais bien savoir par quelle magie cela est possible".
Il se souvint soudain de l'épaisse cotte en écailles de dragon qu'il portait négligemment sur son épaule...

"Il vaut mieux que j'aille cacher cela". Il chercha l'endroit le plus approprié dans le jardin, un buisson ou autre, suffisamment éloigné et à l'abri des regards indiscrets pour y déposer la cotte.

Puis il se retourna de nouveau vers le manoir. Il pourrait également forcer l'entrée de la cuisine, l'homme ne lui faisait pas peur et son chien serait assommé en moins de deux. Mais il se dit que pour discuter avec un magicien, s'il s'avérait que c'était le maître des lieux, ce n'était peut-être pas une très bonne approche. Le maître des lieux risquerait peut-être de s'en offusquer et de refuser de lui parler, même sous la torture. La volonté de ces magiciens est suffisamment forte pour cela, il le savait.

Il se dirigea alors vers la porte de devant et frappa, de sa main droite. Il avait beaucoup de questions à poser. Oui beaucoup. Il tenta de masquer son impatience, et se présenta avec son plus beau sourire. Un sourire qui ne s'était plus dessiné sur son visage depuis la veille du jour où il fut capturé.

Son anniversaire devait coïncider avec le prononcer de ses voeux. Il allait être nommé prêtre de Moradin. Ils allaient fêter cela toute la nuit. Mais il avait été capturé à la place. Et contrairement à ce qu'il espérait, ce fut Laduguer, et non Moradin qui lui redonna espoir et vie...

Le nain attendit qu'on vienne lui ouvrir.

Maître du Donjon

Posté le: 02 Avr 2004 23:25

A l'arrière du manoir s'étendait un parc qui courait jusqu'à la lisière de la forêt de conifères. Des arbres fruitiers étaient plantés sur tout le côté nord du parc, et d'épais buissons séparaient pruniers, pommiers, poiriers et autres myrtilles. Le nain n'eut pas de mal à cacher sa trouvaille.

Quelques minutes passèrent avant que la serrure tourne. Un vent vif s'était levé et faisait claquer un volet au premier étage, produisant un bruit mat et tellement répétitif que cela en devenait agaçant. L'épaisse porte blanche s'ouvrit sur un homme d'âge mûr, vêtu élégamment de pourpre et d'argent. Des cheveux longs grisonnants entouraient un visage fin dans lequel brillaient deux yeux d'un bleu très pâle. Il considéra le nouveau venu avec une certaine surprise mêlée de curiosité, avant de l'accueillir d'une voix grave et chantante.
- Bonsoir Messire, que puis-je pour vous ?

Ungrom

Posté le: 03 Avr 2004 1:14

"Bonsoir,

Je souhaiterais m'entretenir avec le maître de ces lieux. Je suis arrivé il y a peu dans ce hameau et... J'ai entendu parler d'un magicien qui vivait dans les parages. J'ose espérer qu'il s'agit du maître de ces lieux et qu'il daignera m'accorder un entretien. Mais si ce n'était pas le cas, ce n'est pas grave, car c'est ici que j'aurai le plus d'informations.

Ne vous fiez pas à mon apparence, je crains d'avoir fait une longue route, même si je ne sais par quelle magie je suis arrivé ici. En fait ma mémoire est quelque peu troublée et je cherche à comprendre un peu mieux ce qui m'est arrivé, où je suis et un certain nombre d'autres choses que je ne comprends guère. Bref j'ose croire que l'on pourra me venir en aide. Puis-je entrer et bénéficier de votre hospitalité ?"

Maître du Donjon

Posté le: 06 Avr 2004 17:17  

L'homme hochait la tête en écoutant le nain, de plus en plus intrigué. Finalement il ouvrit grand sa porte et fit signe à son interlocuteur d'entrer. Ungrom put apercevoir le luxueux vestibule dont le sol était couvert de tapis pourpres, ainsi qu'un imposant escalier de marbre dont les rampes en forme de serpents se tortillaient jusqu'en bas des marches, où elles dressaient une immense tête reptilienne aux crochets menaçants.
- Si vous cherchez le maître de ces lieux, vous l'avez devant vous ! Je m'appelle Vulcan de Montneige, ancien explorateur et maintenant habitant oisif de ce charmant village. Vous devez sans doute parler de ce vieux Falenndir... Il habite à l'extrémité ouest du village, à droite au carrefour entre les deux rues. Vous pourrez difficilement rater sa maison toute en hauteur !
Il considéra les vêtements sales du nain avec curiosité, avant de poursuivre :
- Mais entrez donc, je vais vous faire préparer un bain et des vêtements propres. Vous me raconterez vos déboires devant un bon repas, vous me semblez affamé !
Vulcan se tourna vers l'intérieur de la demeure et lança des ordres à une silhouette massive qui se tenait en haut des escaliers.

Ungrom

Posté le: 12 Avr 2004 20:47

Merci à vous... Je me nomme Ungrom. Mais je n'en demande pas tant. Encore qu'il va m'être difficile de refuser un bon repas je le crains. Vous êtes un ancien explorateur donc ? C'est très intéressant, car vous devez connaître cette région mieux que quiconque, et je suis avide de la découvrir. Vous allez peut-être pouvoir m'éclairer. Lorsque je suis arrivé ici, je me suis senti épié par un cavalier juste en dehors du village. Il était semble-t-il de l'autre côté de la rivière. Il a fini par rebrousser chemin, je ne l'ai pas aperçu, juste entendu. En sauriez-vous plus par hasard ? Car je me demande bien pour quelles raisons il m'épiait...

Maître du Donjon

Posté le: 02 Mai 2004 21:20

La porte se referma derrière Ungrom en un bruit étouffé. Vulcan se dirigea vers la gauche et entra dans une petite pièce meublée de fauteuils confortables, recouverts de tissus pourpres. Deux épées à l'esthétique étrange se croisaient au-dessus de la cheminée crépitante, tandis qu'un luth en bois précieux trônait sur une petite table devant l'âtre. Le noble désigna l'un des fauteuils d'un geste nonchalant et s'assit en face de la cheminée.
- Ainsi vous êtes un étranger... (Il fronça les sourcils.) Il est curieux que votre arrivée ait attiré l'attention des cavaliers... Ce sont des guerriers dont les intentions ne sont pas des plus bienveillantes à l'égard de notre village, mais ils n'ont jusqu'ici jamais réussi à traverser la rivière. (Un sourire malicieux se dessina sur son visage, puis il reporta son attention sur le nain.) Mais vous semblez être perdu... La route blanche vous aurait donc mené à une destination que vous n'attendiez pas ? Ou... (il posa son regard sur la tunique couverte de terre) auriez-vous eu des ennuis avec les habitants de la cité naine, à l'ouest du village ?

Ungrom

Posté le: 20 Mai 2004 23:11

Le nain retrouva ses esprits, visiblement l'air désorienté. C'est comme si une éternité venait de se passer...

"Je m'excuse, depuis que je suis arrivé ici, c'est la deuxième fois que ce genre d'absences m'arrive".

Il s'assit sur l'un des fauteuils.

"Effectivement, fit-il, je ne suis pas de la région. D'ailleurs cela m'a valu un désagrément avec un des villageois. Je l'ai interpellé pour lui demander un renseignement et il s'est enfui comme s'il avait eu peur de moi. Bref, je conçois que mon bras peut sembler impressionnant pour de modestes gens d'un village, mais de là à être impoli à ce point... Enfin passons puisque j'ai trouvé l'hospitalité chez vous, c'est donc qu'il reste encore de la civilité ici."

"Les cavaliers... Hmoui, j'ai commencé à en poursuivre un avant de venir au village, mais il s'est enfui et je n'ai pas les talents suffisants pour le suivre hélas, encore moins en pleine nuit. Alors j'ai rebroussé chemin. Pourquoi n'ont-ils jamais réussi à passer la rivière ?"

"Non je n'ai eu aucun souci non plus avec les habitants de la cité naine. Pour être tout à fait franc avec vous, je crois bien que je ne suis pas du tout de cette région. Je n'ai suivi aucune route. En fait, j'ai creusé et quand je me suis réveillé, j'étais sur cette route blanche..."

"Auriez-vous à tout hasard une carte de la région que je puisse consulter afin de m'orienter ? Je serais vraiment heureux de discuter de cette région avec vous car je dois vous l'avouer, je me sens totalement perdu depuis que je me suis réveillé sur la route blanche."

Maître du Donjon

Posté le: 21 Mai 2004 0:54

L'homme aux longs cheveux d'argent fronça à nouveau les sourcils.
- Etrange... J'avoue que je n'ai jamais vu de tels phénomènes... Peut-être devriez-vous effectivement consulter le magicien que vous cherchiez, lui pourra sans doute vous éclairer. Je ne suis qu'un modeste voyageur et n'entends rien à la magie profane... (Il sourit et ses yeux bleus brillèrent, reflétant le feu doré de la cheminée.)
"Sage décision que de laisser les cavaliers piaffer dans les brumes... Seule la magie de Falenndir les contient en dehors du territoire, et j'ai peur que celle-ci ne faiblisse... (Ses traits fins se durcirent et son regard devint énigmatique.) Le jour où nous devrons les combattre, nous devrons être prêts ! (Il se mit à murmurer, comme se parlant à lui-même.) Enfin je fais confiance à cette chère Oriane, je suppose..."
Vulcan se leva et se dirigea vers un meuble en bois précieux au fond de la pièce. Il en sortit un parchemin et commença à le dérouler en revenant vers Ungrom. Il l'étala sur le large bras de son fauteuil et approcha celui-ci du siège qu'occupait le nain.
- Voici une carte du territoire. Comme vous le voyez, une grande chaîne de montagnes le clôt au sud, tandis que vous êtes arrivé ici, au juste milieu de la rivière qui ferme le territoire au nord. Le village se trouve au milieu de l'île toute en longueur, et il est cerné par deux grandes forêts : à l'ouest, une forêt de conifères qui pousse jusque sur les flancs des montagnes et mène à la cité naine, Kherâm ; à l'est, une forêt d'arbres centenaires, au coeur de laquelle vivent d'énormes insectes. Cette partie du territoire ne semble pas abriter de ville civilisée, et personne ne s'y aventure... Nous avons déjà suffisamment de mal à repousser ces insectes en période de canicule, et chaque année nous déplorons des disparitions dans le village... Même la garde d'Oriane ne semble pas pouvoir venir à bout de ces monstres. Hélas je suis trop vieux pour partir à l'aventure et je ne puis que donner ma bénédiction aux soldats de notre garde !

Ungrom

Posté le: Sam Mai 22, 2004 5:28 pm

Hum, je crains à la réflexion que le magicien que vous m'indiquez ne soit pas celui que je recherche au juste. Celui que je recherche n'est pas franchement du genre bienveillant. Cela dit je vais suivre vos conseils et consulter Falenndir, il devrait pouvoir m'éclairer.

Quant aux cavaliers, je vous l'avoue je crains beaucoup plus de me perdre que d'avoir à les affronter...


Ungrom sourit.

"Qui donc est Oriane ? Et ces insectes hostiles, sont-ils en une quelconque façon intelligents ou bien sont-ils bestiaux et se contentent-il de vous tuer ? Je ne vous cacherai pas que ces cavaliers m'intriguent. Ils souhaitent ardemment vous attaquer. Il doit sûrement y avoir une éminence grise derrière ces cavaliers et c'est peut-être ce magicien sans nom que je recherche même si je ne sais pas par quel miracle il m'aurait suivi jusqu'ici. Ont-ils un campement connu ?"

Ungrom resta pensif...

"Et les nains de Kherâm ? Votre village a beaucoup de contacts avec ? Est-ce que vous échangez des biens ? Ou vous sont-ils hostiles ? Comment se positionnent-ils par rapport aux cavaliers ?..."

Ungrom semblait désorienté...

"Ma foi j'ai tant de questions qui me viennent à l'esprit... Quelle place accordent les gens de votre peuple à la divinité ? Quels panthéons sont les plus représentés par chez vous ?"

Plus le temps passait et plus Ungrom avait des questions à poser...

Maître du Donjon

Posté le: Lun Mai 24, 2004 11:37 pm

"Oriane d'Osselieu est le capitaine de notre garde. C'est une guerrière très compétente, mais elle refuse catégoriquement d'envoyer les soldats s'attaquer au repaire de ces insectes, car je suppose qu'ils en ont un... Selon moi, cette méthode ne nous mènera qu'à une guerre perpétuelle... Je sais qu'elle tient à limiter les morts autant que possible, mais je me dis qu'un sacrifice ponctuel sauvera les générations à venir ! C'est fâcheux qu'elle ne veuille pas le comprendre..."
Vulcan haussa les épaules et son regard se perdit dans les flammes de l'âtre. Il poursuivit d'une voix lointaine :
"Ces monstres nous attaquent seulement quand il fait très chaud. Je pense qu'ils manquent de proies lorsque la canicule s'installe, et c'est sans doute pour cela qu'ils se rendent jusqu'au village... En temps normal, nous n'entendons que parfois leur bourdonnement assourdissant, ce qui me fait dire qu'ils vivent loin de nous, au coeur de la forêt... Je ne crois pas qu'ils soient très intelligents, ce sont seulement des prédateurs, dangereux certes, mais primitifs.
"Les cavaliers sont une toute autre menace... Nous ne savons pas grand-chose d'eux, mais ce qui est certain, c'est qu'ils sont entièrement voués au Mal et qu'ils ne sortent jamais des brumes... Il est vrai que ce voile de mystère qui les entoure les rend bien plus effrayants, mais j'ai tendance à croire Falenndir lorsqu'il nous met en garde... Personnellement je n'aimerais pas avoir à lutter contre eux s'ils parviennent un jour à passer."
Ungrom entendit soudain quelqu'un toussoter. Une créature de grande taille se tenait au seuil de la porte. L'être eût été presque élégant dans sa livrée de velours pourpre s'il n'avait pas été si voûté, et si son visage à la peau ocre n'avait pas été couvert de poils et déformé par deux énormes canines sortant de sa mâchoire inférieure.
"Le dîner est servi, maître."
Il avait parlé d'une voix rugueuse et gutturale, puis s'était effacé pour laisser passer Vulcan et son hôte.
"Ah ! Nous allons enfin passer à table, je commençais à avoir faim !"
Vulcan semblait avoir retrouvé son entrain et se dirigeait déjà vers le vestibule, invitant Ungrom à le suivre.
"Venez, nous poursuivrons notre discussion à table !"

Ungrom

Posté le: Mar Juin 08, 2004 7:18 pm

Tout en s'installant à table :
"Volontiers."

"On ne peut blâmer votre capitaine de vouloir préserver des vies, même si sur le fond, je suis relativement d'accord avec vous. La Passivité n'est pas une bonne chose. Y a-t-il déjà eu des tentatives d'exploration de la forêt pour découvrir ce repère ? Sont-ils aussi actifs en hiver ? Cela semblerait un moment approprié si ce sont des insectes..."

Falenndir semble en savoir long sur ces cavaliers. Il vous en protège, vous met en garde contre eux. N'avez-vous jamais cherché à lui en demander plus ? Est-il toujours resté mystérieux ? Comment savez-vous avec tant de certitude qu'ils sont liés au mal ?"

Ungrom attendit que son hôte lui fasse signe pour manger.

Maître du Donjon

Posté le: Mer Juin 09, 2004 6:41 pm

Une longue table en bois noir remplissait la pièce. Une dizaine de chaises avaient été disposées autour, sur un tapis pourpre qui recouvrait presque tout le sol dallé de la salle à manger. Des têtes de loup étaient gravées sur les dossiers noirs des chaises ornées de coussins en velours pourpre. Tout le long des murs lambrissés étaient accrochés des tableaux représentant des êtres fantastiques évoluant dans des paysages grandioses. Des dragons, des licornes et autres phénix, peints d'une main de maître, survolaient des lacs aux eaux turquoises ou parcouraient des plaines à l'herbe tendre ornée d'une myriade de fleurs multicolores.
Deux couverts en argent avaient été placés en face l'un de l'autre, dans la largeur de la table, et un plat recouvert d'une cloche exhalait une senteur qu'Ungrom reconnut : celle qu'il avait sentie en frappant à la porte de la cuisine. Lorsque Vulcan et son hôte furent installés, la créature entreprit de remplir leurs assiettes de morceaux de volaille délicatement épicés, accompagnés de légumes fondants.

- Certains se sont aventurés dans cette forêt, mais peu sont revenus pour nous dire quelles créatures elle abrite. Tous des aventuriers travaillant pour leur propre compte. A part les dryades, personne ne peut entrer seul dans cette forêt en espérant en ressortir sans dommages, et c'est pour cela que nous ignorons où se trouve exactement le repère des insectes. Les hivers ne sont jamais très rigoureux par ici, et même si les insectes ne nous attaquent pas, nous pensons qu'ils restent très dangereux.
Le domestique sortit et Vulcan commença à manger avec appétit.
- Falenndir s'est déjà aventuré plus loin que n'importe qui résidant ici. Je n'ai moi-même vu que très peu des horreurs que recèlent les brumes, mais tout le monde s'accorde à penser qu'il ne vaut mieux pas en savoir plus, si l'on veut garder sa raison intacte...
Le noble prit un air grave et remplit leurs deux verres d'un nectar à la couleur rosée.

Maître du Donjon

Posté le: Sam Juin 19, 2004 5:59 pm 

[Décrochage temporel]

Des éclairs de lumière blanche et une scène se déroulant comme dans un rêve...
Des coups résonnèrent soudain à la grande porte du manoir. Vulcan leva un regard étonné sur son hôte, et constata que celui-ci s'était immobilisé et redevenait légèrement translucide. Il posa ses couverts et hésita à parler à Ungrom. Celui-ci restait figé dans une position inconfortable, comme si un magicien l'avait paralysé sans qu'il s'y attende. Finalement Vulcan renonça et se leva de table. Il se dirigea vers le vestibule, puis ouvrit la porte...
A nouveau, la brume s'empara de l'esprit d'Ungrom et il fut plongé dans l'obscurité...

Ungrom

Posté le: Lun Juin 21, 2004 12:24 am

Ungrom fit un immense effort de volonté pour revenir à lui. Il tenta d'articuler un mot, de reprendre la conversation là où elle s'était arrêtée, comme si de rien n'était.

"Les Dryades ?"

A nouveau il tenta un nouvel effort. Focalisant son esprit sur son deuxième bras, il tenta d'attraper le verre qui lui avait été servi et de le porter à ses lèvres...


"Saleté de brume... " marmonna-t-il
.

Maître du Donjon

Posté le: Lun Juin 21, 2004 2:49 pm

Le nain s'aperçut que Vulcan n'était plus en face de lui. Des voix résonnaient dans le vestibule, mais la porte cachait ceux qui s'y trouvaient. Il reconnut celle de son hôte, et l'homme qui lui répondait parlait d'un ton sec, militaire.
- Oui, oui, il est ici, mais que lui voulez-vous ?...
- ... détruit une porte et volé...
- En êtes-vous sûr ? Je ne vous laisserai pas...
- Oui, oui, nous avons des témoins...
Ungrom entendit des pas se rapprocher, accompagnés d'un cliquetis d'armure métallique. Le garde allait bientôt entrer dans la pièce où il se trouvait.

(Tu cherches d'autres sorties ou tu restes où tu es ?)

Ungrom

Posté le: Mar Juin 22, 2004 1:19 am

Ungrom se leva et se mit au milieu de la pièce, prêt à la confrontation verbale sinon physique avec les gardes. Ses muscles étaient tendus, et il s'était ancré au milieu de la pièce tel un roc inamovible.

"Vulcan, dit-il. Qu'est-ce que cela signifie ?"

Maître du Donjon

Posté le: Mar Juin 22, 2004 1:39 am

Le noble haussa les épaules d'un air indifférent.
- Je suppose que cela peut s'arranger, il doit y avoir méprise ! Ces messieurs vous accusent d'avoir... hum... défoncé la porte de la maison d'Irkan, de l'avoir menacé et d'avoir volé son armure de cuir. Il faut dire qu'il y tient tellement... il devait avoir bu et a sûrement fait un mauvais rêve là-dessus !
Le garde qui l'accompagnait lui jeta un regard sévère.
- Non messire, nous avons vérifié les dires d'Irkan et il se trouve que sa maison a bel et bien été mise sans dessus dessous ! D'ailleurs les marques sur la porte montrent qu'elle a pu être démolie par un gourdin en pierre ou... le bras de ce... (Il jeta un regard étonné sur l'énorme bras de pierre et le cou d'Ungrom, recouvert de la même pierre grise.) ce nain !
L'autre garde entra dans la pièce et se posta à côté de son partenaire, prêt à intervenir.

Ungrom

Posté le: Mar Juin 22, 2004 3:28 am

Oh je vois c'est donc ainsi que l'on traite les étrangers dans ce village en les accusant de la première rapine commise. Fort heureusement, il reste encore de trop rares personnes comme le sieur Irkan qui ont le sens de l'hospitalité.

Messieurs avec tout le respect que je vous dois, je crains que vous n'ayez été abusés par cet Irkan, je n'ai rien à voir avec les faits que vous évoquez, et j'ose espérer que ce n'est pas la vision de mon anatomie qui vous a amenés à d'aussi sottes conclusions...

[Se tournant vers Vulcan]

Je crains de ne devoir vous faire faux bond ce soir Vulcan. A mon grand regret.

[Puis s'adressant aux gardes]

"Tâchons de tirer cette affaire au clair, je ne laisserai pas souiller le nom de mon clan par une accusation aussi ridicule. Où est mon accusateur ?"

Maître du Donjon

Posté le: Mar Juin 22, 2004 7:19 pm

Le garde eut un sourire ironique.
- Et c'est comme cela que vous traitez les villageois, en détruisant la porte de la première maison venue ? Les traces sur la porte parlent d'elles-mêmes, et nous n'avons repéré personne qui possède une arme capable de faire cela, à part vous et bien sûr Goron Hacrel, le forgeron... (Son sourire s'élargit un peu plus.) Tant que l'armure n'aura pas été retrouvée, sauf si bien sûr vous nous la restituez et payez les dommages occasionnés sur la porte, vous êtes considéré comme coupable. Mais peut-être que vous pouvez nous parler de l'elfe noir qui vous accompagnait, dans ce cas nous pourrions baisser un peu la somme que vous devrez verser...
"Quant à votre... accusateur, (il leva un sourcil et marqua une légère pause), il a subi suffisamment de stress pour aujourd'hui, et son témoignage est bien suffisant pour que l'on puisse reconnaître ceux qui l'ont agressé !"
Vulcan s'éclaircit la gorge et s'adressa au garde.
- Je vous autorise à fouiller mon parc si vous le souhaitez, mais j'espère que vous ne trouverez rien... Les nains n'ont pas une réputation de voleurs, et cet étranger me semble honnête.
- Nous verrons en temps voulu, messire. Qu'il réponde d'abord à nos questions !

Ungrom

Posté le: Mer Juin 23, 2004 2:12 am

Je vous mets au défi de prouver que j'ai détruit cette porte. Sachez que je n'ai pas à répondre aux accusations d'un ivrogne.

Si le fait de posséder une malformation fait de moi le coupable de toutes les rapines commises en ce pays, car c'est bien connu, c'est toujours la faute des étrangers, alors je crains que la justice de ce pays ne soit pas faite pour les gens de mon peuple. D'ailleurs quelle justice ? Depuis quand un garde est-il juge ? Car oui vous m'avez jugé coupable avant même d'entendre mon témoignage. Faites donc un peu preuve de compétence et posez moi enfin ces questions... Mais j'exige d'être confronté à mon accusateur auparavant...

Sachez-le, je ne souhaite nullement causer de trouble en cette demeure, mais si vous vous efforcez de poser ne serait-ce que la main sur moi, je serais contraint de riposter. Cela me fera beaucoup de peine car je n'ai que trop apprécié l'hospitalité du Seigneur Vulcan pour causer des troubles dans sa demeure... Mais je n'hésiterais pas.

Maintenant, soyez aimable et revenez avec quelque chose de plus solide que de simples présomptions et des accusations formulées à la va-vite.

Maître du Donjon

Posté le: Mer Juin 23, 2004 6:54 pm

- Vous n'êtes pas en droit d'exiger quoi que ce soit. Le bourgmestre a été informé de ce vol et je ne fais qu'obéir aux ordres. La loi est claire : tant que votre innocence n'est pas prouvée, vous êtes coupable, et votre prétendue malformation vous rend malheureusement facile à reconnaître... Ce village n'a pas beaucoup d'habitants, et il ne se passe rien sans que tout le monde le sache. La preuve de votre culpabilité est simple : si ce n'était pas vous, qui donc aurait fait une telle chose ? Jamais personne n'est allé jusqu'à menacer, poursuivre et forcer la porte d'un autre ! Briser le pacte de Paix est un crime qui doit être puni, et les étrangers sont censés le respecter comme les autres ! Je crois que vous allez devoir nous suivre, et ce sera au bourgmestre de décider de votre sort !
"J'ajouterais bien sûr que faire preuve de violence envers les gardes ne ferait qu'aggraver l'accusation qui est portée contre vous, que vous soyez innocent ou non."
Le garde referma sa main sur la garde de son épée, malgré tout convaincu que l'arrestation ne se ferait pas sans combattre...
- Je vous conseille de les suivre sans faire d'histoires, Ungrom... Je suis certain que l'affaire peut se régler à l'amiable en présence du bourgmestre. Si vous résistez, vous serez au moins coupable de cela...
Vulcan haussa les épaules et soupira.

Ungrom

Posté le: Jeu Juin 24, 2004 2:30 am

J'aimerais préciser que mon avertissement n'était valable que si vous aviez l'intention de me toucher. Soyez tranquilles Vulcan, je les suivrai sans causer de problèmes, à la seule condition qu'ils ne me touchent pas. Un point c'est tout.
Et s'ils contreviennent à mon avertissement, qu'ils soient prêts à en subir les conséquences, personnellement, je ne suis plus à ça près.

Maintenant, je comptais les suivre rassurez-vous, j'exige juste qu'il n'y ait aucun contact physique entre ces gardes et moi. En toute franchise je ne pense pas qu'ils soient suffisamment bêtes pour avoir envie de découvrir combien cela (il désigna son bras) pèse. Mais s'ils le sont, alors tant pis pour eux.

Quant à vos épées (il s'adressa aux gardes avec un large sourire mauvais aux lèvres), elles ne vous seront d'aucune utilité contre moi soyez-en sûrs, j'ai déjà croisé la mort (son regard s'emplit d'une lueur de défi).

Ah et sachez aussi que tant qu'à être arrêté pour un crime, j'aime autant que ce soit pour un crime que j'ai commis. Alors à ce stade, m'en prendre à des gardes ne fera strictement aucune différence. Au moins si l'on m'accuse de ce méfait, cette fois cela sera fondé.

Maître du Donjon

Posté le: Ven Juin 25, 2004 3:23 pm

Le garde resta impassible et parla d'un ton sec.
- Si vous nous suivez, il ne vous sera fait aucun mal. Vous serez enfermé dans une cellule en attendant que le bourgmestre ait le temps de vous entendre. (Il se tourna vers Vulcan et le salua.) Messire, excusez-nous de vous avoir dérangé en plein milieu d'un repas !
Les gardes s'assurèrent qu'Ungrom les suivait avant de quitter la pièce et de sortir dans les rues du village.

<Sortir de la boule de cristal>